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Krug, des vins qui ne font pas leur âge

Sep 16, 2020 • 2 mins

Des millésimes à la Grande Cuvée en passant par le Clos du Mesnil, les champagnes Krug sont taillés pour défier le temps. Démonstration avec Olivier Krug, sixième génération depuis Joseph, le fondateur de la maison rémoise en 1843.

Je me souviens d’un client taïwanais, qui m’avait fait la surprise de venir nous rendre visite avec une bouteille de Clos du Mesnil 1979. Le Clos est planté uniquement de meunier, un cépage qui, en Champagne, a la réputation de mal vieillir. Je peux vous garantir que ce vin-là ne faisait pas son âge et que sa dégustation a été un grand moment.
Olivier Krug
Directeur de la Maison Krug

Des anecdotes comme celle-ci, Olivier Krug en a plein sa besace. Aujourd’hui, il porte toute son attention à la Grande Cuvée. « Les Anglais l’ont toujours considérée à l’égale d’un grand cru. Les amateurs en commandent en général une caisse et ‘’oublient’’ toujours quelques bouteilles au fond de leur cave. La Grande Cuvée n’est pas un simple brut sans année, c’est un champagne dont l’objectif est de tout vous donner des 140 ou 150 vins qui la composent.

Chez Krug, nous respectons scrupuleusement l’origine de chaque parcelle, avec des vinifications en petits tonneaux qui en expriment toute la typicité. Depuis déjà une décennie, nous avons prolongé d’un an son vieillissement, le vin le plus jeune a au moins 7 ans, et nous avons ajouté six mois de plus après le dégorgement avant la mise sur le marché. Sinon, il n’y a pas de règle, on ne sait pas si les vins feront ou non leur malo. Tout repose sur l’art de l’assemblage et la dégustation des vins.

Il y a quatre ans, la maison Krug a mis aux enchères à New York une expérience autour d’une bouteille datée de 1915, grande année généreuse en Champagne, mal commercialisée à cause de la Première Guerre Mondiale. « À l’époque, c’était ma grand-mère qui tenait la maison et qui rendait compte des vendanges à son mari, parti sur le Front », raconte leur petit-fils. Pour 116.000 dollars (somme qui fut reversée à l’Hôpital de Reims), le vainqueur de ces enchères fut invité dans les caves de la maison et eut droit à une rétrospective de la Grande Guerre à Reims et de l’implication de la famille. À cette occasion, furent ouverts outre le 1915, bouchon d’origine et toujours effervescent, une bouteille de 1988, “le vin préféré de papa“, et de 1966, année de l’arrivée d’Olivier Krug dans la maison. Depuis 1843, les Krug et leurs champagnes s’amusent à défier le temps.